Le débat budgétaire qui s’ouvre ne doit pas être l’otage de l’élection présidentielle
Philippe Juvin, député des Hauts-de-Seine et rapporteur général du budget 2027, a pris l’initiative d’envoyer un courrier aux candidats déclarés à l’élection présidentielle de 2027 afin que chacun puisse préciser ses objectifs et sa méthode pour l’examen du prochain budget.
Cette initiative peut sembler naturelle dès lors que la situation budgétaire du pays sera un sujet majeur de l’élection présidentielle.
Néanmoins, il faut être lucide sur les intentions des uns et des autres.
Sans même connaître le projet de loi de finances qui sera déposé par le Gouvernement sur le bureau de l’Assemblée, LFI, EELV, le PS et le RN ont déjà menacé de censurer le Premier ministre.
Dès lors, importer sciemment le débat présidentiel dans l’élaboration budgétaire, c’est prendre le risque de rendre le budget l’otage des candidats de tous bords.
Ainsi, depuis deux ans déjà, le RN et LFI n’ont pas hésité à voter ensemble la censure pour servir la stratégie politique de leurs candidats à l’élection présidentielle, quitte à semer le chaos et à renoncer à toute hypothèse de redressement économique. La politique de la terre brûlée, en quelque sorte.
La France ne peut pas se permettre de reproduire indéfiniment ce scénario. Nous avons besoin d’un budget adopté, pas d’un budget transformé en premier tour de l’élection présidentielle.
Les candidats à la présidentielle auront tout le loisir de présenter aux Français leur vision de la France et leurs choix budgétaires pendant la campagne. Le Parlement, lui, doit maintenant faire son travail : examiner, amender et voter un budget responsable.
La présidentielle viendra en son temps. Le budget, lui, ne peut pas attendre.