Mercosur : la Présidente de la Commission européenne s’aligne sur l’Allemagne.
Au moment même où le monde agricole est réuni au Salon international de l’agriculture, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen décide de court-circuiter le Parlement européen en annonçant l’entrée en vigueur de l’accord avec les pays membres du Mercosur.
Un choix unilatéral avec la complicité probable de l’Allemagne qui ne respecte ni le vote des députés ni les positions françaises.
Conclu après vingt-cinq années de négociations, cet accord de libre-échange donne naissance à l’une des plus vastes zones commerciales au monde, représentant 30 % du PIB mondial et plus de 700 millions de consommateurs. Il devrait favoriser les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de spiritueux, tout en ouvrant davantage le marché européen aux produits sud-américains tels que le bœuf, la volaille, le sucre, le riz, le miel et le soja.
C’est principalement cet aspect agricole qui menace nos éleveurs et agriculteurs avec une mise en concurrence déloyale et une atteinte à la souveraineté agricole européenne.
Face à ces menaces, les députés européens ont voté la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne afin de vérifier la compatibilité du texte avec les traités avant un vote final permettant la ratification définitive de l’accord.
En attendant la décision de justice, le processus de ratification devait être gelé, entraînant un nouveau délai pouvant aller jusqu’à 24 mois.
Un léger répit sur lequel comptait la filière agricole française.
Mais Ursula von der Leyen en a décidé autrement et choisit de mépriser les agriculteurs.
La décision d’appliquer à titre provisoire le traité témoigne du mépris de la Commission européenne pour les États membres et pour le Parlement européen.
Force est de constater que l’Allemagne a réussi à imposer son point de vue à la Présidente de la Commission européenne qui par ailleurs semble prête à prendre ses libertés avec le fonctionnement des institutions.