Le suicide assisté et l’euthanasie ne peuvent pas être des alternatives au défaut d’accès aux soins palliatifs.

L’Assemblée nationale vient d’adopter en seconde lecture, la proposition de loi visant à garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs ainsi que la proposition de loi relative à la fin de vie.

En 2016, après des débats très riches et éclairants, j’ai voté la loi dite Claeys-Leonetti, qui renforce le droit d’accès aux soins palliatifs, revalorise les directives anticipées, les rendant contraignantes pour les médecins, et prévoit le droit du patient à une sédation profonde et continue jusqu’au décès.

Cette loi a été votée à l’unanimité de l’Assemblée nationale, notamment parce qu’elle répond aux besoins exprimés par les patients, aux règles déontologiques médicales et à l’objectif de définir un droit à une fin de vie digne et accompagnée dans l’apaisement de la souffrance des derniers instants.

Toutefois, ce dispositif se heurte à un déploiement difficile en France. Certains départements n’ont tout simplement aucun accès aux soins palliatifs. Cette loi n’est pas suffisamment appliquée : de nombreux territoires ne disposent toujours pas d’unités de soins palliatifs alors même que plus de 500 personnes meurent chaque jour sans avoir eu recours à ces soins.

Dans ces conditions, j’ai toujours apporté un soutien déterminé au texte relatif aux soins palliatifs.

En revanche, j’ai voté contre le texte relatif à l’aide à mourir devenu au cours des débats un droit au suicide assisté et à l’euthanasie, puis un droit consenti comme une alternative au défaut d’accès aux soins palliatifs et à la sédation profonde et continue jusqu’au décès.

Je regrette d’ailleurs que, lors de ces débats, davantage de moyens et d’énergie aient été déployés pour permettre le suicide assisté dans tous les établissements du pays que pour garantir l’accès aux soins palliatifs dans chacun de nos territoires.

Ainsi, j’ai proposé que l’accès aux soins palliatifs soit la règle et que l’aide à mourir ne soit pas la conséquence d’une impossibilité d’accès aux soins palliatifs et notamment à la sédation profonde et continue.

Bien que je comprenne la détresse de certaines situations, je suis donc plus réservé sur le texte relatif à la création d’un droit à l’aide à mourir. 

Je crois que nous devons veiller à ne pas renoncer à aider les plus fragiles d’entre nous, que nous serons tous probablement un jour.

Dans ces conditions, je n’ai pas voté en faveur de la loi relative au suicide assisté et à l’euthanasie.

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