À la veille des élections municipales les écologistes découvrent l’enjeu de la sécurité
Le jeudi 12 février, conformément au règlement de l’Assemblée nationale, le groupe « Écologiste et Social » a le choix de l’ordre du jour.
Et surprise : en première position, les Écologistes décident de présenter une proposition de loi visant à lutter contre le narcotrafic et à protéger les témoins.
Certains ont pu croire à une conversion à l’idée que la première des libertés, c’est de pouvoir vivre en sécurité. Je crains qu’ils ne soient déçus.
La proposition de loi présentée par le groupe Écologiste pour améliorer la protection des personnes ciblées par les réseaux de criminalité organisée n’est, en réalité, qu’une hypocrisie coupable.
D’une part, elle ignore la « loi du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic », qui a pourtant profondément modernisé les outils judiciaires, renforcé les moyens d’enquête et amélioré les dispositifs de protection, notamment pour les témoins et les personnes les plus exposées, pour la dupliquer de façon dégradée. Ce n’est guère surprenant dans la mesure où aucun député du groupe écologiste n’a voté en faveur de cette loi.
D’autre part, ce changement de cap pourrait malgré tout être un signal positif si les candidats et candidates de gauche et d’extrême gauche aux élections municipales avaient, eux aussi, compris la première préoccupation des Français à la veille du scrutin : la sécurité au quotidien. En effet, de Grenoble à Poitiers, de Bordeaux à Lyon, de Tours à Strasbourg, ou dans le Val-de-Marne, à Champigny, Créteil, Saint-Maur-des-Fossés et Bonneuil, ils refusent d’accompagner les forces de l’ordre dans la lutte contre la délinquance ; ils refusent l’armement de nos polices municipales et s’opposent au déploiement de caméras de vidéoprotection.
La lutte contre le narcotrafic et la protection des témoins sont des sujets fondamentaux pour la sécurité des Français : 110 morts et 341 blessés pour la seule année 2024.
Le véritable enjeu n’est pas d’élaborer avec cynisme une loi supplémentaire. Le véritable enjeu, par respect pour toutes les victimes du narcotrafic, dont les frères d’Amine Kessaci, militant écologiste aujourd’hui placé sous protection policière, est de demander au gouvernement de s’assurer que tous les décrets d’application de la loi votée il y a moins de neuf mois soient publiés afin que les effets puissent être évalués et les mesures correctrices apportées.
Comme l’écrivait Oscar Wilde, « le vice suprême est d’être superficiel », et cette proposition de loi en est la parfaite illustration.