Adapter nos armées aux nouveaux enjeux géopolitiques, stratégiques et technologiques

Le mardi 19 mai 2026, l’Assemblée nationale a adopté à une large majorité l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030. 

J’ai choisi de voter cette actualisation de la LPM.

Les députés de La France insoumise, les Écologistes et les Communistes ont choisi de voter contre.

Pourtant il est incontestable que le contexte international demeure marqué par la guerre en Ukraine, la montée des tensions géopolitiques et l’accélération des menaces hybrides et technologiques. 

La loi de programmation militaire fixe des objectifs pluriannuels en matière de dépenses de défense, lesquels doivent être confirmés chaque année par les lois de finances.

Néanmoins, à peine la LPM 2024-2030 votée, l’évolution des conflits aux portes de l’Europe, les tensions régionales au Proche et Moyen-Orient et la tentation de remise en cause par les États-Unis de Donald Trump des engagements militaires au sein de l’OTAN, ont conduit la France à réinterroger son effort de défense.

Désormais, seule puissance nucléaire européenne, la France doit aussi envisager des conflits plus directs nécessitant des engagements humains, de matériels et de munitions plus importants. 

Il s’agit également d’appréhender de nouvelles menaces plus nombreuses, plus rapides et plus technologiques.

Garantir la souveraineté nationale, la capacité d’anticipation, d’intervention et de protection, suppose d’entretenir notre autonomie de production d’armement et le renouvellement de nos stocks.

Avec une enveloppe budgétaire portée à près de 436 milliards d’euros sur la période 2024-2030, le texte prévoit de moderniser les équipements militaires, de renforcer les stocks de munitions, de développer les capacités cyber et spatiales, d’investir dans les drones et l’intelligence artificielle, mais aussi d’accroître les effectifs et les réserves opérationnelles. 

Enfin, l’Assemblée nationale a voté le principe « d’un état d’alerte de sécurité nationale ». Ce régime juridique inédit pourra être déclenché, sur tout ou partie du territoire national, par décret en Conseil des ministres. 

Il s’agit de répondre à trois catégories de menaces clairement identifiées : les atteintes à la continuité des activités essentielles à la vie de la Nation et à la protection de la population ; les menaces de nature à justifier la mise en œuvre des engagements internationaux de l’État en matière de défense ; enfin, les menaces nécessitant un déploiement des forces françaises ou alliées.

Cette évolution de la loi de programmation militaire est une réponse pragmatique aux réalités stratégiques contemporaines.

Il est probable que dans les années qui viennent, nous aurons à réfléchir aux formats de nos armées. Mais dans le contexte dangereux qui s’annonce, il apparaît nécessaire de s’adapter et de renforcer la protection des Français et permettre à la France d’assurer son rôle international fondé notamment sur son indépendance et la qualité de ses armées.

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